Bevan, Mathieu et Sarah Robillard

Pléneuf-Val-André, Port du Dahouët (22)


Il faut remonter au 12e siècle pour trouver les origines du Port de Dahouet. Sa période de gloire c’est la pêche à la morue, et le point de départ des grandes campagnes vers les Terres Neuvas et l’Islande.

Aujourd’hui port de plaisance, ses quais s’animent aux beaux jours, bordés de villas cossues et de maisons de pêcheurs aux volets bleus typiques.

Autochtones, badauds et touristes se croisent pour la balade dominicale attirés par le spectacle de la mer s’engouffrant dans le chenal au pied de la Vierge « A nos marins disparues » mais aussi pour chiner chez les antiquaires, déguster l’une des célèbres sucettes du Val André, siroter un verre à l’abri du pin parasol sur les terrasses, à la lueur de guirlandes guinguette mais surtout pour se restaurer d’un bon poisson grillé, d’un crustacé ou coquillage tout frais péché, d’une bonne viande rôtie aux légumes locaux et cela sans aucun doute dans ce resto/bistrot de copain où Sarah et Mathieu vous accueillent chaleureusement… Au Bevan, The Place to be, ici au Port de Dahouet.

Nous nous y sommes posés le temps d’un reportage, en voici le récit…

Il y a des endroits comme ça et c’est le cas au Bevan, où l’on se sent tout de suite à l’aise, bien, comme happé dans un tourbillon de bienveillance, d’amitié et de savoir vivre, subtil mélange de camaraderie et de professionnalisme.

Car attention les pointures.

Sarah et Mathieu ne sont pas des novices à en voir leur parcours à faire pâlir une escouade d’aubergistes !

Ce jour de gros service, la grande salle du rez-de-chaussée est pleine de vie, les sourires de rigueur, la bonne humeur au rendez-vous, les discussions où l’on refait le Monde à chaque coin de table ou mange debout, les enfants libres de leur mouvement s’expriment avec une complicité que Sarah entretient.

Musique légère et entraînante déclenche discrètement le bal du service.

Bref, dans ce resto/bistrot de potes, même si vous ne faites pas partie du premier cercle, Sarah sait d’emblée vous y intégrer et ça c’est pas donné à tout le monde.

Faut dire que la jeune femme a une solide expérience, Voyez plutôt !

Région parisienne, échec scolaire, parents absents, un début compliqué mais Sarah a du caractère alors ce sera au départ l’uniforme d’une Maison d’éducation de la Légion d’Honneur.

En quête d’introspection, départ pour Londres, l’apprentissage de la langue puis le retour en France, BTS Hôtellerie Restauration. La langue de Shakespeare lui ouvre les portes des palaces parisiens pour 15 années de Road Trip de luxe !

Un apprentissage progressif, d’apprentis à Directrice de Salle au Georges V, Bristol, Boutique Hôtel Peninsula et bien sûr le Meurice. Et la rencontre de sa vie avec Mathieu.

L’expérience Cédric Grolet viendra clore la période parisienne, poussée par l’appel du large et ses origines bretonnes et le souhait d’offrir à ses deux enfants un cadre de vie paisible.

Intelligemment, Sarah a su garder le meilleur de ses années d’expérience, synthétisant ainsi pour revenir à l’essentiel ; l’Humain, l’échange, le conseil, l’art de faire un service professionnel sans prétention, un luxe à portée de main, une osmose entre la Cuisine de son mari Chef et la Salle, une chaleur enveloppante « pour que les clients adultes comme enfants perçoivent notre plaisir de les recevoir ». Du bien bel Art. Sincère ! Bravo Madame !

L’esprit d’équipe, c’est absolument primordial. Sarah et Mathieu ont su créer des liens avec leurs collaborateurs à faire pâlir bien des directeurs de ressources humaines ! 

En Salle, la polyvalence est de mise, Antoine en salle et au bar ou l’art de créer des cocktails dingues dont ce Floral Fizz. Gin infusé à l’hibiscus/Gingembre/Citron/St Germain/Limonade et citron vert. Une claque de fraîcheur.

Nicolas, le fidèle compagnon et Angelina, jeune québécoise du Lac Saint-Jean, pétillante et si attachante.

L’autre pilier de la Maison Bevan, c’est évidemment Mathieu Robillard, cuisinier prodige, il officie dans sa Cuisine Corridor de 20 M2 dont il a conçu les plans de A à Z. Batterie de cuisson impressionnante dont ce formidable four/Barbecue au feu de bois intégré.

Originaire d’Erquy, enfance à Fontainebleau, Mathieu est bercé dès son plus jeune âge par la Cuisine de sa grand-mère Ida et par le fruit de la Pêche familiale de homard et St Jacques de son grand-père.

Terreau familial initiatique donc !

Apprentissage, CAP, BEP et Bac Pro à Barbizon, Mathieu découvre cet univers de brigade qui lui sied à merveille.

« Monter à la Capitale » devient une évidence pour se frotter à l’excellence de la blogosphère gastronomique parisienne.

Maison Drouot de Louis Grandart, Carré des Feuillants d’Alain Dutournier, grand Monsieur qui lui transmet une passion pour le vin, Las Vegas chez le MOF Jean-Philippe Maury, Meurice Paris avec Yannick Alleno, grand visionnaire d'une Cuisine 3 Étoiles et rencontre avec Yann Maget.

Un tournant se dessine dans la vie de Mathieu et son entrée dans l’univers du Bistrot. Pinxo, Anoste dans la mouvance du réseau des bistrotiers de Paris.

Le Covid s’abat sur la France, le moment est opportun à la réflexion ; « la vie familiale, les deux enfants, le pied à terre à Pléneuf-Val-André nous conforte dans l’idée d’ouvrir notre propre affaire ».

Une moulerie est à vendre Quai des Terres Neuvas, Port de Dahouët. Après de gros travaux, l’ouverture est prononcée le 15 juin 2021.

« Notre idée phare c’est de se servir de nos connaissances pour délivrer une Cuisine de qualité, bistrotière, de produits hyper locaux mais surtout dans un restaurant ouvert toute l’année ». Chapeau !

Mathieu s’est entouré d’une chouette équipe, à son image, issue de milieux différents, qu’il a patiemment formée ayant en commun la passion et l’envie d’apprendre.

Formidable exemple de transmission.

Mathilde, sous-cheffe a suivi le projet dès le départ. Polyvalente, la jeune femme maitrise parfaitement la cuisson à la braise.

Louis, l’ancien marin pêcheur, demande à être débarqué pour rejoindre l’équipe du Bevan et apprendre la Cuisine. Parfois l’émotion de l’eau qui tape sur la coque devant le soleil qui se lève lui manque, mais il a trouvé au Bevan une vraie famille, réconfortante au point de l’immortaliser par l’un des tatouages qu’il a sur le corps. Une émotion brute ce garçon, passé de la dentelle d’un filet de pêche à celle d’une tarte au citron meringuée !

Malo également ancien marin pêcheur est chef de partie.

Accidenté, il se tourne vers la Cuisine, reconnaissant du partage de l’amour du métier de Mathieu.

Enfin Moussa, vieille connaissance depuis 2017, le jeune malien est le roi de la plonge.

Mais voyez plutôt le florilège de belles assiettes sorties le jour de notre reportage.

Le très célèbre désormais Fish and Chips que le tout local s’arrache. Cabillaud pané à la japonaise/Frites taillées au couteau/Sauce tartare aérienne aux câpres. Ce côté régressif d’un plat que l’on mange à pleine main nous propulse directement dans l’univers de la Cuisine de Mathieu.

C’est terriblement gourmand, voir addictif ! Et surtout parfaitement réalisé !

Mais aussi les cannellonis de paleron confit des heures/Carottes rôties et glacées/Emulsion soupe à l’oignon/Croûtons de pain.

Quel caractère pour ce plat identitaire et parfaitement identifié Cuisine de Bistrot ! Intelligent !

Mais aussi ce carpaccio de betteraves rouges/Crème de betterave mimolette/Œuf fermenté/Graines de courges et lin/Betterave Chioggia crue, copeaux de carottes, pickles de moutarde, chips de panais.

Du croquant, le gras de l’œuf, l’acidité et la terre de la betterave, un juste équilibre méga gourmand de ouf !

Et que dire de ces praires farcies et gratinées au feu de bois et romarin. C’est juste génial et mérite à elles seules le détour. Croyez-moi !

Un des plats phares, c’est ce Terre Mer hypra réussi.

Poitrine de cochon fondante et croustillante, cuisson 5 heures/Choux pakchoï/Sauce puissante sichouanaise asiatique/chair d'Huître 

Quelle puissance pour ce plat qui fait partie des plus jolis souvenirs de notre épopée de reportages.

Côté dessert, ça envoie lourd aussi.

Soit avec cette mousse au chocolat tiède, glace sarrasin et grué Cacao. C’est gourmand du style, on peut plus s’arrêter.. !

Et aussi cette très jolie tarte au citron peps/Bâtonnet granny/Céleri branche/Suprême citron vert et sorbet pomme verte. A tomber et très esthétique.

Bref, vous l’avez compris, ici au Bevan, vous devez venir pour vous régaler de la générosité d’une Cuisine bistrotière de très grande qualité, dans un cadre et une ambiance formidable de Restaurant de copain, vivant et chaleureux.

C’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers d’accueillir pour la première fois Mathieu et Sarah au Festival de la Gastronomie de Quintin

Texte Olivier Chastel , Photos Agence Captivate

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ORIZHON. Camila SEIXAS et Aurélien DIGNE


Audierne, petit port de pêche niché au cœur du Finistère Sud, ruelles et venelles pittoresques, plages avec vue imprenable sur l'Atlantique, accueille au 2 Quai Jacques de Thézac, ce magnifique restaurant Orizhon. 

L'ethnologue, photographe et philanthrope français aurait été fier d'accueillir Aurélien et Camila et leur bistrot si charmant sur le quai qui porte son nom. 

Nous y avons posé plume et pellicule le temps d'un reportage. 

Récit...

Jolie façade blanche et pierre de taille, grande véranda laissant présager d'un déjeuner lumineux ; avalanche de distinctions méritées Michelin Bib Gourmand, Gault & Millau Table gourmande 2024, La Liste, Tables et Saveurs de Bretagne, Pudlo 2024, ornent la façade et accueillent la clientèle locale et de passage. 

Le premier espace est dédié au bar, original luminaire Disque de Nacre, et déco rappelant les origines brésiliennes de Camila.

Dans la vaste et ensoleillée salle à manger sur parquet clair, table brute et non nappée ; set de table goutte d'eau, luminaire osier et traverse végétalisée, pierres apparentes et papier peint géométrique tons dominant rose parme.

Cette élégante salle dans l'air du temps constitue le passage vers l'incroyable véranda, vue port époustouflante et son spectacle maritime.

Confortablement installé à bord d'Orizhon, laissez vous porter par l'équipe de Salle et l'univers fabuleux de ce couple de restaurateurs et leurs équipes. 

Faisons connaissance...

Aurélien, directeur de Salle et compagnon de Camila, est Cuisinier de formation. Une quinzaine d'années dans de grands établissements bretons dont Le Temps de Vivre de Jean-Yves Crenn. Un petit tour de France à Courchevel, Lyon et la rencontre avec Camila chez Les Bras à Laguiole.

Retour en Bretagne et collaboration en Cuisine à la Fontaine aux Perles de Rennes, la jeune brésilienne et son tempérament de feu aux manettes de la pâtisserie, Adrien et sa minutie à la direction des Cuisines.

Pause Covid oblige, la réflexion et l'envie pressante de s'installer se concrétise en juin 2022.

Épaulé par Léa Digne, sœur d'Aurélien en sa qualité de consultante en communication responsable et la société Kosa, le restaurant est baptisé Orizhon célébrant ainsi la vue sans aucune limite vers la mer et son infini. Belle image.

Aurélien, troquant son tablier au contact des clients en salle, a trouvé son équilibre en échangeant, accueillant, avec comme maître mot la convivialité, le sourire et surtout une énergie débordante et bienveillante. 

Entouré en salle d'une jeune et très motivée équipe très finement organisée.

Julie a un an de Maison et c'est sa première expérience en restauration, issue de la Boulangerie Pâtisserie, la jeune fille aime l'ambiance de travail à Orizhon, et apprécie la clientèle d'habitués.

Quant à Yuna, un temps dans le Sud mais bretonne de sang, a transformé sa première saison en contrat. Elle apprécie l'ambiance.

Les deux filles de Plogoff sont également amies dans la vie.

Accompagnées de Servan apprenti et Maëlle, elles apportent un vent de jeunesse, tee shirt bleu marine et logo Orizhon, tabliers marron à la taille, percing... Une jeunesse Class décomplexée, dans l'air du temps. Bravo ! 

Filons en cuisine à la rencontre de Camila.

Belem a bercé les jours heureux de la jeune cheffe, la ville au Nord du Brésil, capitale de l'Etat de Para. 

D'une maman fonctionnaire et d'un père portugais dans l'exportation du bois, elle est nourrie dès sa plus tendre enfance par les récits d'Europe. 

Diplômée d'une Ecole Supérieure de Gastronomie dans son pays d'origine, Camila s'envole vers d'autres cieux pour de nouvelles aventures doublement étoilées à Lisbonne au Belcanto. Puis la France lui ouvre ses portes et c'est chez Bras qu'elle est embauchée, montant ainsi les strates hiérarchiques des Cuisines du 3 Etoiles.

Pour la suite du parcours, il faudra se référer au récit d'Aurélien, puisque maintenant leurs destins sont liés.

Depuis toujours, Camila rêve de signer sa propre Cuisine, son indépendance, son caractère bien forgé la persuade que plus personne ne doit lui imposer sa Cuisine. 

Rêve de liberté...

"Ici à Orizhon, c'est notre projet, notre bébé, en voulant se rapprocher de la mer dans un petit village.

Ma Cuisine est proche des gens, élaborée avec des produits de saison et locaux. "

Un vrai resto/bistrot dans son sens le plus noble, avec des produits simples mais travaillés.

Une Cuisne accessible donc, rentable bien évidemment aussi car Camila est aussi à la tête d'une entreprise, une Cuisine qui peut parfois avoir le souvenir de ses origines sans obsessions aucunes. 

En cuisine, les espaces sont réduits mais hyper optimisés. 

De son triangle à la proue du bâteau Camila est au poste chaud. Alors salamandre, plancha, four, Vario, plaque induction, sont ainsi disposés de façon circulaire facilitant ainsi le pilotage. Les yeux devant les Bons qui défilent, les sauces, jus, haricots Azuki à la cannelle, sauce Saté, vinaigrette et condiments divers, siphons, fruits d'une mise en place solide, Camila peut commencer à sortir ses jolies assiettes d'une cuisine vivante et terriblement gourmande.

Mais voyez plutôt... 

Un joli départ en hommage à son pays avec ce Dadino, perle de croquette de manioc frit et gel piment d'espelette. Identitaire à souhait.

Cette betterave crapaudine en papillote confite au four/siphon maquereau fumé/Vinaigrette à la grenade, échalotes et gingembre confit/Filet de bar, confit d'huile de ciboulette. 

C'est une entrée percutante, fraîche, un véritable uppercut dans l'acidité et la gourmandise. 

Merci Cheffe ! 

Ou alors encore ce choux pointu confit et grillé huile d'olive/Effiloché d'agneau/Sauce curcuma, fromage frais/Jus d'agneau et huile de cacahuète. 

Un ensemble de sensation, croquant, laiteux, gras et gourmand.

Ce voyage continue avec cette formidable canette rôtie/légumes poire de terre/Purée tellement gourmande/Jus viande et vinaigre cerise/Feuille de moutarde/Haricots Azuki à la cannelle.

Encore une fois, un instinct chez cette jeune Cheffe incroyable !

Gros travail également avec les desserts. 

Coussin bavaroise Cardamome/Sorbet pamplemousse/Croustillant cornflakes/Lamelles agrume/Compotée d'agrume. 

Une floralité et une fraîcheur dingue dans ce dessert hors du commun. On adore.

Mais aussi...

Ce crémeux fruits exotiques/Biscuit cacao/Espuma cassis/Tuile Granola coco râpée.

Le tout dans un bol typique brésilien. Une acidité aérienne. Bravo.

En cuisine, l'équipe est constituée de Mathieu le pâtissier voyageur, Kilian au Garde-Manger et Pierre stagiaire.

Ce couple de restaurateurs est terriblement attachant, Camila et Aurélien, se projetent 10 ans à l'horizon, désire voir leur fille grandir dans un environnement sain. 

Ils ont également à cœur de faciliter le bien-être au travail et se réjouissent de la bonne ambiance et de l'atmosphère que l'on ressent dès que l'on foule les portes de cet Orizhon si clair à perte de vue.

Et c'est pourquoi, nous sommes fiers d'accueillir pour la première fois, Aurélien et Camila, au Festival de la Gastronomie de Quintin. 

Texte Olivier Chastel , Photos Marine Petit

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Maison Tiegezh, Baptiste et Marion Denieul, Guer

Aulne ou forêt de Brocéliande, marais ou landes de Monteneuf, constituent les deux significations de l’origine de Guer. 

De renommée internationale, l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidam siège aux portes de la ville, tandis que le Prieuré Saint-Etienne classé Monument historique attire des visiteurs avisés. 

Ainsi va Guer aux multiples visages, terre de contraste, accueillant en son cœur l’une des plus fantastique Maison de Bretagne, temple de la Gastronomie et de l’hôtellerie, Maison Tiegezh de Baptiste et Marion Denieul.

Récit d’une soirée passée en leur compagnie où nous y avons posés notre regard argentique et manuscrit. 

Au pied de l’imposante demeure récemment relookée, les plaques de distinction accueillent les clients et donnent le ton. 

Michelin, une Etoile Rouge et Verte, Gault & Millau Talent Service en Salle 2019 Marion Denieul, Grand de Demain 2020 Baptiste Denieul, Tables et Saveurs de Bretagne, Victoire de la Bretagne. 

Bref… Un condensé de récompense impressionnant.

Tour du propriétaire en compagnie d’Elodie fidèle depuis neuf années dans la Maison, accueil, petit-déjeuner et réception comme quotidien.

L’accueil réserve la fameuse collection des ouvrages rouges Michelin de 1950 à 2024, la Bible Escoffier, mais aussi des ouvrages de Jean-François Piège, Olivier Roellinger, etc.

Devant le portrait des aïeuls au regard bienveillant, s’étire la cave à vin, grande vitrine menant à la Salle à Manger et flacons pépites à l’image de ce Chinon Montet Domaine Grosbois, Reuilly Denis Jamain Les Pierres Plates ou ce formidable Châteauneuf du Pape Domaine Chanteperdrix.

Elégante salle à manger, baies vitrées, lumières cosy le soir, séparation discrète entre chaque table d’un tissu perlé privatisant ainsi les espaces en arc de cercle, décor floral et pendentifs lumineux industriels. 

C’est dans cet univers feutré que Marion et ses équipes expriment un service de haute volée.

Constituées de Matéo, Agathe, Elodie, Nathanaëlle en sommellerie avec Marion. Un travail directement avec les vignerons ou agents pour des vins sélectionnés.

Certains sont les coups de cœur de Marion, des vins qui la touchent particulièrement dont ce riesling de Valentin Zusslin qui respecte à fond l’environnement, ou bien ce vin « sélectionné pour notre mariage » Eolithe Fosse sèche, tenant forcément une note affective. 

La force de Marion, c’est son sens de la communication avec ses collaborateurs bien sûr, mais aussi et surtout avec les Cuisines, cohésion qui peut même être poussée jusqu’à partager des missions de commis. 

Rare et très sincère ! 

LA gestion de l’entreprise constitue la deuxième mission de Marion et nul doute que ses études de droit lui ont apportée rigueur et logique fluidifiant ainsi ses approches. 

Par ailleurs, une vraie réflexion s’est imposée sur le bien-être au travail, un habile équilibre entre vie professionnelle et entreprise. 

Ce qui laisse aussi le temps pour penser à l’avenir et suivre son mari Baptiste dans ses challenges qui l’animent au quotidien. 

Sa volonté de bousculer les habitudes. Méga émouvant ! 

Go les cuisines…

La Cuisine de Baptiste Denieul est simple, lisible, condimentée, épurée, minimaliste, terriblement ancrée dans le local, de saison tout en faisant voyager. 

Chez Baptiste, les erreurs sont sources d’inspiration et plus le temps passe, plus Baptiste chemine vers la connaissance de ses producteurs, l’être humain avant tout, l’être humain au centre de ses intérêts. 

C’est ce cheminement qui le fait tenir dans le temps, sa vision de la Cuisine de Cœur.

Quand Baptiste Denieul crée un plat, cela débute par sa bibliothèque du goût, ses souvenirs, sa palette de connaissance gustative.

Puis vient le choix du produit, la rencontre avec le producteur et ses propositions. 

La synthèse des deux premières actions aboutit à une création qui manque souvent d’un petit quelques chose qui « pep’s », qui personnalise le plat - L’iode par exemple – Le plus important ensuite, c’est le rythme à la carte. Ce vrai voyage qu’il propose d’ailleurs tout au long d’un repas, c’est ‘équilibre réfléchi entre les sauces, les cuissons, les textures et enfin la vision, l’histoire à raconter.

Et ça donne un moment magique mais voyez plutôt…

Début de l’odyssée et virée sensitive, avec le rituel de bienvenue, souvenirs d’ailleurs personnel de sa demande en mariage à Tokyo ; serviettes chaudes donc au départ et ce formidable bouillon d’herbe du jardin potager – Suivi d’un pain soufflé à la tome / raviole truffe du Périgord / de la galette bretonne marque de son héritage / tartelette sarrasin, petits pois frais, poutargue mulet.

Il y a beaucoup de poésie dans cet amuse-bouche avec cette fleur de Sakura célébrant le printemps. Top ! 

Suite du voyage avec la raviole foie gras breton dans un bouillon de bœuf infusé à la citronnelle. Incroyable !

Marion à chaque fois invite à la ballade en expliquant l’univers du chef et de la Maison.

Lieu jaune de ligne des côtes bretonnes / betteraves en pickles et ketchup de betteraves, fruits de la passion. 

Servi avec un satellite de beurre blanc monté aux coquillages huitre. 

C’est un plat incroyablement gourmand, identitaire, équilibré acidité et sucrosité.

Et que dire de ce homard breton / première asperge du Pays de Loire / crème de raifort / galette blé noir servi avec un condiment orange et citron yuzu. 

Le raifort vient condimenté ce plat au fort caractère. 

Et comme à chaque fois avec Baptiste, on raconte une histoire. Ici celle du homard à la macédoine servi dans les banquets des années 90. Revisité de bien belle façon ! 

Et pour terminer sur une note sucrée, le vrai soufflé Grand-Mère au café torréfié / tuile grué de cacao et amande dans l’idée du Tiramisu. 

Mais aussi ce remarquable dessert qui mérite bien l’Etoile, confiture de lait et chicorée / siphon yaourt / et genévrier râpé. C’est génial ! 

C’est une expérience à part entière un repas chez Baptiste et Marion Denieul. 

Vous y trouverez bien plus qu’une jolie dégustation mais un ensemble logique et cohérent, une vraie croisière dans les confins d’une forêt de Brocéliande. 

Magique ! 

Et c’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers d’accueillir à nouveau Baptiste et Marion Denieul de la Maison Tiegezh au festival de la Gastronomie de Quintin.

Le 11 mars 2025. Texte olivier Chastel, Photos Marine Petit

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 Sébastien Martinez, Moulin de Rosmadec 

Pont Aven 29

Rosmadec Le Moulin
Cette magnifique petite Cité, blottie dans un Rio verdoyant, doit ses lettres de noblesse à l’école des peintres dont Gauguin fut le fer de lance.On comprend alors aisément que la poésie des paysages, la lumière éclatante sur le port, les passerelles et les moulins furent source d’inspiration pour les artistes impressionnistes échappés de la capitale à la recherche de bucoliques inspirations.C’est dans ce cadre enchanteur que nous avons ouvert notre cahier de note et appareil photo… Récit d’une immersion le temps d’un reportage.Longeant bief, venelles et petits escaliers de pierre, aveuglé par les faisceaux lumineux du soleil de cette journée, nous découvrons ce splendide Moulin de Rosmadec, berceau d’un restaurant séculaire, désormais lié au Groupe AR Collection, membre de Tables et Saveurs de Bretagne, étoilé Michelin et doté d’un joli 15,5/20 au Gault & Millau.Tour du propriétaire qui débute à l’accueil, vestige du mécanisme du moulin, cordes, poulies et pierre à moudre. Poutres monumentales et déjà cette incroyable vue sur l’extérieur, au fil de l’eau des glycines et des puits. La première salle à manger sur parquet, rustique et cosy, un brin bourgeoise, tableau de scène de marché et bretonne en coiffe, lumière tamisée, chaises tissu écossais, tables magnifiquement dressées et nappées ; vaisselier et menus anciens faisant honneur au saumon sauce Joinville, salmis de perdreau et buisson d’écrevisses. Côté Véranda, verrière et salle baignée de soleil, murmure de l’eau filant dans le bief, vue à 360 °, comme sur la proue d’un navire.C’est très beau et le contraste est saisissant entre les deux ambiances de salles, laissant aux clients le choix des ambiances. Hiver ou été.Go en cuisine où Sébastien Martinez nous accueille le temps du briefing entre Office et Salle, élégamment vêtu tout en blanc, tour de cou noué traditionnel et baskets montantes, un homme tout en contraste entre valeurs traditionnelles et jeunesse assumée. Sébastien fait corps avec Pont-Aven, il a beaucoup réfléchi à donner du sens à sa Cuisine en lien avec le lieu.Gauguin disait « On se moque comment est le soleil, l’important c’est la façon dont tu vas le peindre ». Le Chef a conscience d’ancrer sa Cuisine dans un endroit merveilleux, à sa manière, il rend hommage au passé artistique de la ville. S’appuyant ainsi sur sa technique et savoir faire, il n’a plus qu’à magnifier et interpréter son œuvre. C’est ainsi que ses assiettes sont pourvues d’un code graphique, sous forme d’un damier de différentes couleurs, saveurs et matière, rappelant la palette du peintre. Certes c’est terriblement esthétique mais c’est surtout résolument délicieux.Chef d’orchestre un peu fou, au caractère bien trempé, bavard et très attachant, Sébastien ne laisse jamais indifférent.Ne se fiant jamais à son premier jugement, il gratte, cherche, force le trait, approfondit pour écrire une Cuisine personnelle. Epaulée par Hugo et Francesco.Sur le Pass, l’organisation de Sébastien est optimale, prêt et armé pour le Service, à portée de vue la multitude de mise ne place, dizaines de pipettes aux condiments / huiles / purée de piment / cresson / poireaux / condiment olive / eau de champignon / eau de safran / vinaigrette citron, homard – Lui permettent de composer ses peintures gourmandes. Du bel Art ! Mais voyez plutôt ! Début de l’apéro… et amuse-bouche folles. Sorbet huitre maison Cadoret / Bouillon de crevettes et citron confit comme un Roudoudou / Tartelette Bigorneaux, vinaigrette moutarde / Tartelette pied de cochon, vinaigrette ravigote à la truffe. C’est un très bel ensemble dans l’idée d’un plateau de fruits de mer, gourmand et qui met en éveil les sens pour mieux entrer dans l’Univers du Chef. Une fois décrochée de sa carapace d’araignée, cette entrée folle : chair d’araignée de Mer / gelée d’araignée / sorbet crustacés et mayonnaise tiède servie en salle.Quelle gourmandise !Quand la Bretagne s’empare de l’Espagne Martinez a encore frappé !. Langoustine juste rôtie flashée / sèche, tomate, moule / Eau de safran et hibiscus / mayonnaise goût Paëlla dans satellite.
Ce plat est puissant, identitaire, caractériel !Que dire de ce Saint-Pierre blanc intense / tagliatelles de seiche / coques / chapelure de pain / satellite beurre blanc aérien / œufs poisson.Ce plat est à lui seul la définition de la gourmandise, du style « On y revient », on sauce avec le pain. Soyeux et arrière goût agrume saisissant !Certain plats semblent simple, prennent des raccourcis mais sont d’autant plus réussis. A l’image de ce siphon incroyable Périgueux, truffe et réduction Porto agrémenté de 4 poudres betteraves / choux rouge / épinard et champignon. Force de caractère et gourmandise de Ouf… en plus d’être esthétique.Parce que pour Sébastien les desserts doivent être dans la veine du reste, le chef rejoint l’équipe Pâtisserie en fin de service, formée par Delphine, Christophe, Clarisse et Arnaud.Marqueurs de la tarte aux pommes avec ce dessert sablé / parfait pomme caramel / sorbet pomme.Ou bien ce dessert dans l’idée de souvenirs d’enfance, carambar caramel / cacahuète / pâtissière vanille / sorbet vanille / siphon vanille / disque opaline superbe. Servi avec une sauce chocolat tellement gourmande ! Du style « On veut manger avec les doigts » !Le passage de témoin entre la Cuisine et Salle peut se faire avec le Directeur de Salle Monsieur Fontaine, Océane et Nelly vont partager avec les clients de ce jour de reportage toute la magie des plats de Sébastien Martinez.
Et c’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers d’accueillir à nouveau, Sébastien Martinez au Festival de la Gastronomie de Quintin.
Le 5 mars 2025. Texte Olivier Chastel , Photos Francois Veillon
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 Jérôme Gourmelen, Ar Men Du, Névez 29

A Névez, la pointe de Raguénez est un incontournable, panorama à 360 ° époustouflant, faune et flore rare, baignade à Tahiti Plage et son sable blanc et eau turquoise Cristalline. Surplombant la pointe et face à la mer, le Restaurant Ar Men Du régale les visiteurs de sa Cuisine pointue et formidable.

Nous y avons posé plume et objectif le temps d’un reportage dont voici le récit…

Pierre-Yves Roué, propriétaire du Restaurant depuis plus de 20 ans, a toujours tout misé sur l’Humain, aujourd’hui à l’aube de son passage de témoin, il peut être fier du chemin parcouru.

Voyez plutôt ! 

Une Étoile Michelin Rouge et Verte Eco Responsable ; 15/20 au Gault & Millau et trois Toques, membre de Tables et Saveurs de Bretagne. Bravo ! 

Mais qu’il a eu raison de faire confiance à Jérôme Gourmelen en le propulsant Chef de Cuisine et lui renouvelant sa confiance depuis 13 saisons. 

Jérôme est un garçon discret, humble et simple, déterminé, il sait parfaitement où il mène le Bateau. 

Laborieux et travailleur, il a décroché l’Etoile en 2024, sa maturité, sa patience et la sérénité d’un bosseur qui gravit les marches une à une. 

L’Etoile a boostée l’activité et donc les équipes, organisées en triptyque de management, Jérôme Responsable des Cuisines, Marion de la Salle et Thierry de l’Hébergement.

Jérôme sait donc mieux que quiconque que le travail d’équipe est la clé de la réussite.

Avec Tom, son second, il crée les cartes, tranquillement, avec une vision commune et fluide, un rituel rodé ; en premier le produit et donc le producteur et sa capacité de livraison régulière, en second les essais en cuisine et la volonté de renouveler les produits dans chaque menu, multipliant aussi le nombre de plats. 

Dans la Cuisine de Jérôme quand il y a la Terre, il y a également la Mer ainsi, l’agneau et la sardine se confondent, le veau et l’huitre se marient, la Saint-Jacques et le lard s’épousent, dans des dressages graphiques épurés, élégants. Des cuissons précises, une harmonie, un équilibre des goûts et assaisonnements. 

Mais le plus important est la satisfaction du client, son cheminement dans l’Univers du Chef, son bonheur à lâcher prise le temps d’un repas. 

Compétiteur dans l’âme, Jérôme ne cache pas son plaisir en participant à des concours dont celui surprenant des Meilleures Pizzas. Un stimulant, un besoin d’être continuellement dans les projets, une motivation pour lui-même et les équipes. 

Jérôme garde un plaisir intact de la Cuisine, lui le pâtissier de métier, ne boude pas son plaisir au Piano et apporte un soin particulier aux sauces, au départ des cuissons de 3 jours avec parures, os, garniture aromatique grâce au Vario, une grosse infusion en quelque sorte que l’on concentre ensuite en réduction. 

Des bases de sauces traditionnelles qui aboutissent à un jus clair de langoustine, une émulsion noisette et truffe, un Beurre noisette, jus de pigeon, jus de veau, jus vert, sauce Saint-Jacques, écume curry marin. 

Ca, si ce n’est pas de la Cuisine ! De la Vraie, du style qui mijote au coin du feu. Un bel Art ! 

Ou encore, ce stupéfiant veau basse température/tartare d’huitre cébette, citron vert et coques/millefeuille pommes de terre et piment d’Espelette. L’iode et la douceur du veau réveillé par un jus de veau puissant.

Une fraicheur osée mais si réussie ! 

Quelle dinguerie ce Chaud/Froid de langoustine/Caviar osciètre et infusion de tête de langoustine. 

C’est fou et décoiffant ! 

Accompagné de ces pains vapeur aux algues, cette grande assiette de poissons de ligne crus afin de parcourir la richesse de nos Océans.

Le pagre, algues/le merlan, sésame/le turbot, Miso/la Saint-Jacques, Yuzu. 

A la fois très gourmand mais aussi pédagogique ! Une première ! 

Attention, Mesdames Messieurs, voici l’heure des desserts et c’est certainement l’une des Maisons en Bretagne au Top des fins de repas.

C’est beau, gourmand, recherché, des assiettes dignes de rivaliser dans les plus grands concours. Des machines de guerre ! 

Dans une grande assiette, ce chef d’œuvre architectural, ce petit bijou construit autour de l’agrume et du chocolat. 

Suivant une ligne courbée en demi-lune, le tartare d’orange lié au gel/orange et mucilage/ganache chocolat noir/segments orange/ posé sur le dernier élément un tube opaline grué de Cacao, garni d’une mousse au chocolat lait.

Que c’est beau et poétique ! 

Le chef et son pâtissier savent surprendre avec ce dessert autour du radis. Tellement esthétique et gourmand.

Pickles radis/fromage blanc/gel lait vanille/gel Yuzu/fleur romarin/sorbet radis Wasabi/parfait Yuzu/confit Yuzu.

Quel travail ! Pour une dégustation unique dons notre saison cette année. Bravo ! 

Jérôme peut s’appuyer sur une belle équipe, fiable et sincère.

Tom, son Second au poste Chaud et Cuisson. Organisation générale, création avec Jérôme, aime tout particulièrement le coup de feu, les gros services. 

Noah, Chef de partie Garde-Manger, passé chez Nolwenn Corre. Mona, apprentie, Titouan, Maurice, Pierre, Zoé.

Zoom sur la pâtisserie avec Alexis, le jeune homme bourré de talent et passionné, assisté de Yuko, chef de partie. 

Un travail colossal avec les petits déjeuners Maison, brioche, cookies, pancake… et les desserts du Restaurant, constitués de deux créations, un avant-dessert et trois mignardises et enfin le pain en salle, une incroyable miche de pain à partager au levain naturel d’une souche de 4 ans.

A noter d’ailleurs l’arrivée prochaine d’un boulanger à part entière dans l’équipe ! Bravo ! 

Go ! Service… Les Bons commencent à tomber et les jolies assiettes de Jérôme commencent à sortir, florilège d’élégance et de saveurs, fruits et résultats du travail commun emmenés en Salle par Sophie, 13 ans de Maison, Léo Chef Sommelier et Thierry qui après 34 années passées à la Taupinière voisine, a trouvé refuge en l’Ar Men Du. 

Sélection non exhaustive des créations du soir… Voyez plutôt…

Cet incroyable travail de la betterave : jus de betterave, cardamone fumé et ail noir/palet de betterave confit/tartare de betterave/glace ail noir/condiment ail noir et blanc, le tout dans une assiette du très talentueux céramiste Cyril Dennery. 

Quel joli travail de texture, équilibré. Bravo.

Mais aussi l’ormeau cuit dans un Dashi/Mayonnaise siphon laitue de Mer/croquettes pieds de cochon désossé/une alliance juste et canaille de la Terre et la Mer. Jolie réussite.

Bravo Jérôme et toute les équipes, cette Maison est une valeur sure en perpétuelle réflexion et le niveau monte au fil du temps au point de devenir une table qui compte dans le paysage gastronomique breton. 

Voici pourquoi nous sommes fiers d’accueillir à nouveau, Jérôme Gourmelen, au Festival de la Gastronomie de Quintin.

Le 25 février 2025. Texte Olivier Chastel, Photos Marine Petit

Granit, Charles Moreau, Carnac

Une légère bruine vaporeuse s’est abattue à Plouharnel en cette soirée de février, le vent nous indique que la mer est toute proche.

La silhouette floue des huit pins centenaires nous conduit sur le chemin du restaurant Granit coiffé de son toit pente bleu ardoise.

Dominant la petite prairie, Granit arbore fièrement son logo de ses lettres néons. 

La carte annonce la couleur, 3, 5 ou 7 mouvements pour les menus Côtier, Hauturier ou Granit, les appellations sont courtes et vont droit au but du style : St-Jacques/poireau/citron noir d’Iran.

Un petit clin d’œil du Bibendum vous rappelle que le Bib Gourmand est tombé ici ainsi que le Gault & Millau.

En ce début de soirée, il règne dans cette salle relookée, une atmosphère chaleureuse, lumière discrète et tamisée, voilure au plafond, tables bois brut rondes et carrées en alternance, moquette épaisse chinée confortable et feutrée.

Anaëlle et Alice s’épanouissent dans ce nouvel écrin et livrent un service remarquable sincère et proche des clients. 

Anaëlle formée à St Méen Le Grand puis en Alsace, revient au Pays où elle apprécie la liberté d’initiative et l’approche sommellerie.

Quant à Aline, de Belfort à la Bretagne, il n’y a qu’un pas, qu’elle a sauté avec bonheur, se rapprochant ainsi de la grande bleue. 

Charles se fait un nom dans le paysage gastronomique breton avec cette Cuisine résolument de saison et de produits locaux, l’idée majeur étant de servir son territoire en y mêlant son vécu de voyageur, ce qui permet de twister les assiettes. Quelle belle approche ! Etre à l’affut du petit « truc » en plus. 

Parfois Charles s’évade du côté de l’Océan, pour monter sur sa planche de surf et se vider la tête, contrôler ses émotions, et reconnait que le surf comme la Cuisine d’ailleurs, ont un côté spirituel, une réflexion sur soi-même. 

Apaisé, Charles peut alors s’adonner au deuxième défi de sa journée ; le bureau, l’administration, la gestion de son Restaurant, de ses équipes et avec l’énergie restante, seconder sa compagne dans son projet de restaurant, une histoire de famille…

Go… Le service débute, le Restaurant est complet…

La mise en place minutieuse placée dans biberons, petites boites, attendent chaque plat, rangés au garde à vous. 

Dans cette petite cuisine, l’organisation est optimale, concentré et au pass, les Bons au-dessus de la tête, Charles commence à sortir ses jolies assiettes, derrière lui attendent les petites casseroles, jus de betterave pour cuisson raviole, le filet de volaille juste rôti, les poissons cuits sur peaux, les pigeons cuits sur coffre Tirent au-dessus du piano. Quand de l’autre côté de la cuisine, à l’abri du chaud, les petits jardins au lait Ribot se dressent minutieusement. 

Ainsi va le joli ballet de la Cuisine de Charles.

Le travail est produit par une belle équipe. 

Joshua, cuisson viande, poisson et garniture, Louis, poste Garde-Manger et dessert avec Titouan, apprentis polyvalents tous les deux.

Qu’ils sont beaux en Cuisine tout de blanc et noir vêtus, un visage jeune de la gastronomie bretonne, caractérisé par un grand respect collectif. Top !

Cette jolie osmose produit une ravissante Cuisine mais voyez plutôt.

Départ sur les chapeaux de roue avec cet incroyable Amuse-bouche

Consommé de champignons puissant/croquette confit de canard/chausson garni abat et mayonnaise Harissa.

Quelle authenticité ! 

Place maintenant au petit jardin d’hiver réunissant choux Kale/radis noir/betteraves Chioggia/betteraves jaunes… Le tout lié au lait Ribot twisté avec la lacto-fermentation de l’oignon. 

C’est beau, bon et terriblement contemporain. Superbe ! 

Bravo également et mention spéciale pour ce cabillaud cuit vapeur, nappé d’une incroyable sauce marbré, un peu à la façon d’un entremet betterave et Katsuobushi. Un véritable bonbon ! 

Servi avec une raviole betteraves/oseille/porc de colonnata. Fantastique ! 

Le grand plat de Charles sur ce menu, c’est le chicon braisé au cidre/choux fermenté Kimchi/pourpier huile de café/pigeonneau de Pornic cuit sur le coffre/cuisse confite. 

Un travail extraordinaire sur l’amertume et la sucrosité, le fondant du pigeon avec l’alliance du café. Incroyable pigeon, qui laisse des traces de bonheur !!

Enfin quelle originalité pour ce dessert de Cuisinier, topinambour rôti/sorbet topinambour/caramel de topinambour/feuillantine croustillante/tuile chocolat/chips de topinambour. 

Surprise totale d’un dessert très gourmand. 

Merci pour ces moments rares de partage, de raffinement, de surprises. 

Merci d’apporter votre jeunesse au visage de la Gastronomie bretonne. 

C’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers d’accueillir Charles et ses équipes au Festival de la Gastronomie de Quintin. 

Texte Olivier CHASTEL, Photos Agence Captivate, 20 février 2025 

#Chefs #artisans #châteaudequintin #producteurslocaux #restaurateurs #gaultetmillau #michelinguide #festival #cotesdarmortourisme #regionbretagne #bzh #gastronomie #cotesdarmor #chefs #baiedesaintbrieuc #quintin #tourismebretagne #SBAA #gourmandise #miammiam 

Hautlinage, Corentin et Klervi

Un phare peut en cacher un autre, c’est désormais une réalité, Eckmûhl prend soin du Vieux phare réhabilité, le site majestueux devient dès lors unique en France avec deux monuments qui balaient le grand large.

Niché à leurs pieds, le Restaurant Hautlinage de Corentin Ogor et Klervi Tannion, récompensé par le Gault & Millau et le Michelin, membre de Tables et Saveurs de Bretagne, nous a reçus le temps d’un reportage où nous y avons posé nos mots et images. 

Récit…

Le jeune couple de restaurateurs adeptes des lieux insolites et pas citadins pour un sous, puise leur énergie dans ce décor iodé. 

Pour Klervi, une douce jeunesse les pieds dans l’eau à l’ombre de la Chapelle Notre Dame de la Joie à quelques encablures d’Eckmühl, un hommage au grand père sémaphoriste.

Corentin est quant à lui originaire de Ploelour-Lanvern carrefour du Pays Bigouden.

Les deux enfants du Pays, qui pourtant ont baroudés aux 4 coins du Monde, croient au plus profond d’eux même au potentiel de l’origine d’un tel endroit, en font une force et s’appuient sur leur réseau d’amis, famille et proches locaux pour lancer leur bébé Hautlinage. Exploit ! « The place to be » ! 

C’est installés dans la très élégante petite salle contemporaine que débute l’aventure. Tables bois brut, décors œil de bœuf et lumière douce, très cosy ! 

Klervi, c’est avant tout un sourire, un sens de l’accueil éclatant, celui qui met tout de suite à l’aise, un peu comme si elle vous receviez chez elle.

Klervi nous enveloppe de sa chaleur bienveillante et vous embarque dans son univers sachant mieux que quiconque transmettre aux clients locaux le sens de la Cuisine de son amoureux de chef.

Service class mais pas guindé, tenue élégante et chignons tiré, Klervi peut s’appuyer sur Rowan dans cette partition de haute volée.

Quelle récompense pour les deux femmes quand une cliente avoue, malgré le poids des soucis, avoir tout oublié le temps du repas ! 

Les premiers Bons tombent, le temps pour nous de rejoindre les cuisines de Corentin et ses équipes.

Corentin est un garçon extrêmement organisé et qui, malgré son jeune âge, sait parfaitement où il désire aller.

La création et le raisonnement, c’est toujours la saison au départ, et donc le produit comme ligne conductrice. 

Le menu du jour laisse libre cours à l’imagination de son équipe pour propositions, que Corentin dans un deuxième temps, validera.

Pour les menus du soir, la patte du Chef est plus présente, l’exigence plus pointue, les détails incisifs. 

Ce joli travail en commun permet de changer la carte régulièrement. Bravo !

En Cuisine, règne un calme olympien, une concentration intense où chacun à son poste connaît parfaitement sa mission.

Il y a Théo au Garde-Manger, Adèle, cheffe de partie Chaud, ancienne de la Villa Trimen, Lorine Cheffe pâtissière passée par la Butte à Plouider, adepte de viennoiserie et qui apprécie la liberté de création à Hautlinage et enfin Zacaria fidèle plongeur et commis.

Les exactes et précises cuissons sont acheminées au pass de dressage, les Bons tombent et les annonces suivent.

Les jolies assiettes de Corentin si esthétiques et appliquées vont changer de main, passage de témoin entre Cuisine et Salle. Voyez plutôt ! 

Amuse-Bouche fous qui mettent en éveil : coquillages réduction miel et sauce soja/huitre N°5, brunoise de légumes croquants au Yuzu, Ponzu/tarte fine tamara, œuf de truite/beignet champignon truffe. C’est gourmand, iodé et équilibré. Top.

Et que dire de cet incroyable crème sabayon vin jaune/morilles farcies laqué jus de champignon brun et lamelles crues. Le Choc. Incroyable. Faut venir ! 

Pour suivre, quenelle velours de brocolis/St-Jacques juste saisie finition barbecue/brocoli rôti/feuille de riz soufflée/beurre blanc aux œufs de hareng/jus bardes de St-Jacques. 

La finesse et douceur de ce plat est renversant de bonheur ! 

Et parce qu’il a fallu choisir : suprême filet de pigeon des Monts d’Arrhées/harissa sur pressé Pommes de terre, céleri/confit d’échalotes/cuisse confite 5 heures/crosnes et pomme dauphine/jus d’estragon et pigeon/betteraves confites.

Quel travail sur ce plat au grand équilibre.

Enfin, deux très jolis desserts sous l’impulsion de Lorine pour une note de fin affirmée.

Quel travail pour ce crémeux pamplemousse/crémeux orange sanguine/crumble zeste agrume/tuile miel/coulis orange sanguine/sorbet orange, champagne rosé/finition poudre de zeste orange et pamplemousse. 

L’Agrume à fond et les crémeux gourmands.. Une tuerie !

Mais aussi praliné grué de cacao/nougatine grué de cacao/crémeux chocolat/crumble cacao/glace chocolat/crêpes dentelle cacao servi avec 2 satellites de siphon chocolat chaud et sauce chocolat.

Quelle déclinaison brillante du chocolat, dessert délicat et féminin ! 

Les projets fusent dans la tête du jeune couple, paysager un jardin à l’arrière du restaurant, relooker la devanture et les abords de Hautlinage… L’avenir se dessine petit à petit et nous sommes certains que Corentin et Klervi demain feront de leur Maison l’une des plus prometteuses du paysage gastronomique breton et c’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers de retrouver Hautlinage au festival de la  Gastronomie de Quintin. 

Texte Olivier Chastel. Photos François Veillon. Le 19 février 2025

Domaine de Locguénolé, Yann Maget

Domaine de Locguénolé
Trois décennies, histoire qui débute en 1700 avec la construction du Manoir voisin d’un Château fortifié du XVIe siècle ; en 1800, édification du Domaine de « Locunolay » pour la famille de Perrier et ses descendants la famille de la Sablière en 1966. En 1970, ce bijou entre dans la belle-famille des Relais & Châteaux, 1974, c’est la consécration d’une Etoile Michelin puis d’une seconde en 1979, sous l’impulsion brillante d’Alyette de la Sablière. C’est en 2020 que le Groupe breton Beautiful Life Hôtels fait l’acquisition de ce bien hors norme. Situé entre mer et forêt, dans un domaine de 25 hectares, face au Blavet, véritable fenêtre vers l’Atlantique, dans un jardin fleuri, depuis le ponton privatif, dessiné par le Versaillais André, un potager, serres, vergers et ruches alimentent les Cuisines de Yann Maget.L’offre hôtelière est époustouflante et diversifiée, que ce soit au sein du Château avec 13 chambres qui nous invitent au voyage, au Manoir dans un climat de Retour des Indes, au Club anciennes écuries et sa déco hippique industrielle ou bien dans l’Orangerie, esprit naval et un accès privilégié au jardin et piscine.Pour les amoureux d’une expérience originale, l’ancien poulailler s’est transformé en Suite cocoon et son cadre bucolique, le vieux gréement deux mats « Caprice » offre une suite originale, et pour les amoureux de Vasco de Gama et des Azulejos, la Villa Belém est un petit Portugal au Blavet. Quoi que vous ayez choisi, les réveils en douceur se font autour d’un petit déjeuner sous forme d’un buffet bourgeois. L’expérience Locguénolé peut se poursuivre dans un espace Bien-Être splendide, matériaux nobles bois et pierre, piscine intérieure, hammam, sauna, tisanerie, pour un moment apaisant sous les luminaires forme feuilles cuivrées.Egalement une offre séminaire et événements dans les magnifiques salles de l’Orangerie, à la lumière de ses verrières.Poussons la porte de cette vénérable demeure. Dès la réception, le ton est donné. Boiseries noires mat, panneaux en bois tressé et les deux maquettes de navire. C’est extrêmement chic et accueillant ! Quatre salons en enfilade, avec un travail sur la lumière remarquable, ambiance cosy à la lueur des superbes luminaires pendentifs de différentes formes et hauteur en tissus imprimés. Voyage garanti.Canapé et fauteuil soyeux et dépareillés et petites tables basses chinées ici et là, contraste avec les meubles d’Epoque.Vraiment stylé ! Imaginez-vous alors sirotant un doux cocktail au bar L’Apparat confortablement installé dans ce décor de rêve, face au Blavet et arbres centenaires. Expérience unique, croyez-moi.Assister au briefing entre la Salle et la Cuisine est une expérience rare et un privilège qui nous est accordé. Merci.Dans la magnifique salle à manger, verrière ogive du Restaurant « l’Inattendu », Yann Maget, Chef de Cuisine et Pauline Sebilleau Maget Directrice du restaurant, se font face, encadrés des équipes de Salle.Le ton est solennel, studieux, précis et salutaire.Réglages du Service, énoncé des nouveaux plats ou technique de découpe et flambage en Salle, tour d’horizon des clients du soir, rien n’est laissé au hasard, signe d’un service Haut de gamme, attentionné et personnalisé. Du Bel Art.Pauline, épouse du Chef, est fille et petite-fille des anciens propriétaires du Moulin de Rosmadec à Pont-Aven, d’où elle est originaire, bercée donc dès le plus jeune âge dans l’univers de la gastronomie bretonne.Emancipée de ses liens familiaux, la jeune femme entame un tour de France ; Pierre Gagnaire, le Georges V, le Quince à San Francisco, et enfin Taillevent Paris. Enorme ! L’heure du Service a sonné alors direction les Cuisines en compagnie de Yann Maget et ses équipes.Très vaste et belle cuisine, organisée le long d’un Pass Corridor et de trois rampes de lancement Garde-Manger/Entrement/Cuisson viande, poisson et garniture.C’est ici que s’exprime Yann Maget, devenu MOF en 2023, passé par Eric Frechon, Pierre Gagnaire, Kei Kobayashi, Yannick Alléno et le Quince à San Francisco. Quel parcours ! Fort de ces expériences Yann propose aujourd’hui une Cuisine d’auteur avec des marqueurs classiques tels le pithiviers, la lotte à la Grenobloise et un travail sur la Bretagne, Terre Mer à l’exemple de la Saint-Jacques et pied de cochon.C’est une Cuisine qui repose sur une grosse mise en place, très précise et parfaitement calée, parfois technique, aux cuissons justes et pointues ! Et pour se faire, le Chef a su s’entourer.Mathieu, Second, issu du Ritz du temps de Michel Rotz.En pâtisserie, Annabelle Lévêque.Yann Maget est un Chef qui aime monter en salle par exemple pour présenter cet incroyable pithiviers doré à souhait, montage technique de choux, brunoise de légumes, foie gras et pigeon accompagné d’un salmis aux abats de pigeon, salade vinaigrette à la truffe.Quelle merveille de tourtière à la cuisson top.Côté Bistrot, Yann propose une cuisine bourgeoise, dans les assiettes Vintage de madame de la Sablière. Un très joli travail autour par exemple du Risotto de champignon, raie aux câpres, rognons, magret de canard. Une Cuisine que se veut simple mais gouteuse et bien travaillée.Le jour de notre reportage, nous avons été scotchés par le niveau des plats dont cet incroyable amuse-bouche à la façon d’une gratinée à l’oignon comme un consommé/Arlette comté croustillante/mousse d’oignon fumé. Extrêmement maitrisé ! Mais aussi cette Saint-Jacques pied de cochon, croutons et bigorneaux/Saint-Jacques rôties/émulsion Saint-Jacques et celtuce Barbecue. Un plat identitaire et tellement gourmand ! Egalement le Risotto topinambour, truffe/salsifis vinaigre de vin vieux et jus salsifis/jus de glaçage/beurre de truffe.« Je te souhaite le meilleur pour l’avenir ». Voici les quelques mots d’Eric Frechon, inscrits sur la veste MOF de Yann Maget. Nous souhaitons également le meilleur au Domaine de Locguénolé, qui constitue sans aucun doute l’un des projets bretons des plus prometteurs dans le paysage gastronomique armoricain.Et c’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers d’accueillir Yann Maget et toutes ses équipes au festival de la Gastronomie de Quintin.Le 18 février 2025. Texte Olivier Chastel , Photos Marine Petit#Chefs #artisans #châteaudequintin #producteurslocaux #restaurateurs #gaultetmillau #michelinguide #festival #cotesdarmortourisme #regionbretagne #bzh #gastronomie #cotesdarmor #chefs #baiedesaintbrieuc #quintin #tourismebretagne #SBAA #gourmandise #miammiam 

La Tête en l’Air, Clément et Estelle Raby, Vannes

La Tête en l'air - Restaurant Gastronomique VannesClément Raby

Dans la douceur de vivre d’un centre-ville quasi piétonnier, à l’abri des remparts et de ses maisons à pans de bois, Vannes possède bien des bijoux : parmi ceux-ci un diamant brut, une pépite bien cachée ; le Restaurant de Clément et Estelle Raby, La Tête en l’Air, auréolé d’une Etoile au Michelin, référencé au Gault & Millau, membre de Tables et Saveurs de Bretagne. 

Nous y avons posé nos valises le temps d’un reportage pour que s’exprime plume et appareil photo…

Récit.

La façade d’emblée donne le ton, d’une rare élégance, habillée de bois et bordures noires ébène, illustrée du très graphique logo des fleurs de pissenlit virevoltant au vent – La Tête en l’Air, Cuisine libre et son concept unique de menu à l’aveugle en 4/6 ou 9 étapes surprises, a la douce appellation Végétale d’Oxalis, Mizuna ou Pissenlit.

C’est réfléchi, conceptuel, intelligent et cela donne vraiment l’envie de pousser la porte.

Dans ce restaurant Corridor, la première pièce fait office d’accueil, ambiance bois, miroirs œil de bœuf, luminaire élégant.

Une première salle de 6 couverts débouche sur la salle à manger principale et sa cuisine semi-ouverte. Parquet, tables alternantes rondes et carrées, nappées cuir, luminaires osier, tableaux illustrations aromatiques, donnent à l’ensemble beaucoup de charme et de chaleur, une atmosphère cosy.

Le directeur de Salle, Brieuc, s’évertue à délivrer un service convivial, tout en simplicité et humanité, débarrassé des codes guindés, sans chichi pour une clientèle d’habitués. 

Adélie, Cheffe de rang, adhère au concept du restaurant, laisse au client toute la surprise et découverte du plat, ne dévoilant ses secrets qu’après dégustation. 

Ça donne du piquant au quotidien ! 

Quant à Léa, Cheffe de partie salle également, elle apprécie les échanges et discussions qui suscite le concept découverte.

Rencontre avec Clément Raby, chef de Cuisine qui avec son épouse Estelle, sont fiers, avec la modestie qui les caractérise, de fêter en 2025 les 10 ans du restaurant.

La réflexion est au centre de la Cuisine du Chef, au départ il s’agit d’associations de produits sans que la technique rentre en jeu à ce stade. Avec les équipes de Cuisine et de Salle, ce travail est ensuite collégial, arrive enfin le temps des propositions, des testing et des premiers envois. 

Les premiers retours clients sont essentiels, ils permettent les réglages mais Clément garde toujours à l’esprit son fil conducteur : l’équilibre des saveurs entre le sucré, le salé, l’acidité, l’amertume auquel il ajoute l’umani, qu’il traduit par ce cinquième sens « cette envie d’y revenir ». 

Perfectionniste est ce chef quand il s’assied enfin en salle dans les conditions d’un client lambda, ainsi installé son esprit est à 100 % libre et à distance nécessaire pour débusquer les petits défauts, mais aussi la qualité de la Cuisine, les accords mets/vins, le timing, les enchainements. 

S’attacher aux détails, au plus petit détail est bien le secret de cette réussite. 

Bravo, du Grand Art, incroyable ! 

Entrons dans cette petite cuisine, une salle, hyper optimisée ; poste central et clé de voute du dispositif ; le Teppanyaki issu du savoir-faire à la Japonaise, permet des cuissons peu grasses et un réglage précis des températures en fonction de la zone de chauffe. 

Ustensile nécessaire, la cloche en cuivre pour étouffer le produit et apporter de l’humidité. Technique pointue ! 

Clément a su s’entourer, il peut compter sur 4 collaborateurs. 

Kevin, second depuis 3 ans dans la Maison, est polyvalent et donc tournant sur les postes.

Erwan et Baptiste, chefs de partie et Fabrice, aide de cuisine et plonge.

A l’annonce des premiers Bons, la symphonie débute, les corps de ballet s’activent chacun à son poste en parfaite harmonie maintes fois répété et pensé ! 

Les amuse-bouche donnent le ton : tartelette sablé pistache/topinambour/gel de Tamarin/chips topinambour. 

Mais aussi un gravelax de cabillaud/coriandre gel/cédrat confit et safran et tempura choux de Bruxelles panés/bière brune/mayonnaise estragon et Chawanmushi/bouillon champignon/pignon de pin.

Quatre bouchées qui résument cette Cuisine, délicate, gouteuse, fine, créative et complexe, à l’image de ce jus de champignons tellement puissant, saveurs de sous-bois. Une dinguerie ! 

Cette entrée coques/wakamé rôti/choux au naturel et vinaigre de riz/gel d’algues/ficoïde glaciale, servie avec une vinaigrette montée à la criste marine. Un plat rarement rencontré, extrêmement singulier. On adore.

Et parce qu’il a fallu choisir ! Ce poulpe cuit à 82°C pendant quatre heures laqué jus de betterave/tentacule, brunoise, aneth/pétales de betteraves fumé au bois de hêtre/gel d’aneth, servi avec réduction betterave vinaigrée.

Quel caractère dans ce plat, chapeau l’artiste !

Mais aussi, le pigeon de Mesquer, filet sur coffre à 64°C/cuisse confite dans le jus/tombée de trévise, zeste d’orange/condiment orange, graine moutarde, servi avec le jus de pigeons, graines moutarde, croutons, zestes confits.

Un délicieux plat d’hiver, chaud/froid tellement gourmand. 

Mais également le dessert Streusel grué de cacao, fleur de sel/opaline grué/gel piment d’Espelette/praliné cacahuète/cacahuète en chouchou/ganache grué/crème anglaise cacahuète. 

Une note finale terriblement efficace ! 

Nous avons dû faire des choix car disons le ostensiblement, nous avons été touché en plein cœur par cette cuisine identitaire.

Il y a un trait Raby, une marque Clément, c’est assez rare pour le mentionner et donc fortement le recommander.

Et c’est donc pour toutes ces raisons que nous sommes fiers d’accueillir à nouveau, Clément et ses équipes au festival de la Gastronomie de Quintin.

Le 5 février 2025. TexteOlivier Chastel , Photos Agence Captivate

#Chefs#artisans#châteaudequintin#producteurslocaux#restaurateurs#gaultetmillau#michelinguide#festival#cotesdarmortourisme#regionbretagne#bzh#gastronomie#cotesdarmor#chefs#baiedesaintbrieuc#quintin#tourismebretagne#SBAA#gourmandise#miammiam

Guillaume et Daphnée Pape

 L’Embrun, Brest

Quel plaisir de se laisser pousser par les embruns et se retrouver ainsi à la table du restaurant de ce couple de restaurateurs que forment Guillaume et Daphnée Pape. 

Quel plaisir de partager avec eux et leurs équipes le fruit de leur travail et assister, médusés, aux exploits gastronomiques qu’ils nous livrent avec leur simplicité habituelle. 

Bienvenu dans l’univers délicat de cette Maison auréolée d’une Etoile au Guide Michelin et d’une jolie Note Gault & Millau. 

Une fois n’est pas coutume, c’est installés dans l’élégante salle à manger, installés autour d’une table savamment dressée, que nous avons débuté ce reportage.

Une façon pour nous de vous présenter le travail du Service en salle habillement mené en osmose intelligente et fluide avec l’équipe de Cuisine.

A la direction de Salle, Daphnée, 26 ans, la jeune femme, élégante en tenue bleu marine cintrée et baskets blanches, porte la jeunesse d’un service à son image ; dynamique, dans l’air du temps, convivial et class. 

Elle a su au fil du temps, installer un climat de confiance, chaleureux avec sa clientèle, un accompagnement à la fois discret et proche avec comme point d’orgue le sentiment d’être accueilli un peu comme chez Soi. 

Portée par une équipe soudée, constituée de Manon et Anouk en sommellerie, Ewen, Elisa.

Le Service débute, notre table entre salle et cuisine permet une navigation aisée. 

Cocktail du Moment ou Vouvray Domaine Sébastien Brunet vont accompagner les Amuses bouche formés d’un croustillant pommes de terre/haddock/crème de citron, de la pizza soufflée jambon fromage et du tartare de lieu/Salicorne/Yuzu/voile crevette grise. 

Quelle gourmandise et le début du voyage iodé de Guillaume Pape !

Mais aussi cet incroyable travail autour de l’oignon et donc les origines paysannes du chef ; farce d’oignon livèche/Citron jaune, mousse d’oignons confit, galette Blé noir séchée et poudre de livèche. Formidablement identitaire !

De notre table, le Pass est une fenêtre ouverte sur la cuisine, les lampes effervescentes rouges Rubis laissent apparaitre le travail de fumage de Guillaume. Sa Sainteté et Reine de la Rade, vous aurez compris la noix de Saint-Jacques, simplement saumurée et fumée, servie avec une fine purée de choux fleur à la vanille et clémentine.

C’est d’une très grande finesse et le spectacle des cloches vitrées et translucides laissant apparaitre un allo de fumée, n’attendent plus que les mains habiles de Daphnée pour être décloché devant le client, Stupéfiant ! Du bel Art ! 

Entrons en cuisine. 

Le chef Guillaume Pape, ambassadeur des jolis produits bretons, est un garçon de la Terre. 

Fier d’appartenir à une lignée d’agriculteurs du Léon ! 

Les parents cuisinaient énormément le fruit des récoltes de l’énorme potager, les voisins faisaient de la bête à viande ou des terrines de lièvre d’après chasse.

C’est ainsi que passèrent ces jours heureux du jeune Guillaume, bercé très tôt à l’organisation des fermes, il y a 30 ans, où le produit était au centre des préoccupations.

Vous comprenez maintenant pourquoi Guillaume a un tel respect pour ceux qui produisent.

Guillaume s’enrichit également de l’univers de la Gastronomie hexagonale et son plus grand plaisir est de parcourir les jolies Tables de France avec Daphnée pour enrichir son vocabulaire et lui ouvrir l’esprit. Belle sagesse !

Se nourrir ainsi lui permet aujourd’hui d’épurer sa Cuisine, de concentrer les saveurs et goûts, d’aller à l’essentiel, d’affiner le trait. 

Mais voyez plutôt avec cet incroyable travail autour de l’ormeau. Risotto de pomme de terre aux algues/ormeau de France Haliotis/chapelure de pomme de terre/siphon pomme de terre, lait ribot/poudre nuageuse laitue de mer. 

Un équilibre parfait entre les acidités de l’agrume et la rondeur des sauces toujours très réussies chez Guillaume ! Un régal.

Mais aussi, ce lieu jaune de ligne cuisson vapeur à 62°/butternut, couteau, coques/purée fine de butternut/sauce champagne crémée/œuf de truite. Droit au but ! 

Pour réaliser ce joli travail, Guillaume est épaulé d’une fine équipe : Tiphaine son second, Tiago, Brian, Melina et Mathieu le pâtissier. Admirable ! 

Et parce que pur avancer dans la vie, il faut des projets, Guillaume et Daphnée ont eu la gentillesse, la courtoisie et la confiance de nous livrer les détails de la construction de leur projet, celui d’une vie peut-être tant il est beau et tellement à leur image.

Ce très joli petit manoir Stang-Ar-Lin surnommé depuis des décennies le « Château rose », surplombant le plan d’eau du Moros en Concarneau, est à vendre.

Construit en 1903 pour Gustave Bonduelle de l’entreprise du même nom, dans un splendide parc de 5 hectares, avec vue sur Concarneau et la mer. Ouah ! 

C’est une opportunité pour le couple qui fait une offre et sont désormais en attente de permis de construire.

S’en suivront 1an et demi de travaux.

Accomplir un rêve, transformer les 17 pièces du manoir en Restaurant gastronomique de 45 couverts, en Hôtel de 5 chambres dont 4 suites, et créer de toute pièce les 100 m2 d’une nouvelle cuisine rutilante. 

Alors sûr que les futurs clients qui bénéficieront d’une vue spectaculaire sur le Moros et la ville close seront comblés.

A l’abri des arbres centenaires et du jardin exotique, on imagine déjà les vergers et les ruches, ainsi que le potager nourricier des cuisines de Guillaume et Daphnée Pape. 

Pour la jeune femme qui est originaire de Concarneau, c’est un rêve qui se réalise, elle peut désormais s’appuyer sur tout le talent de Guillaume pour mener à bien cet immense projet qui d’emblée, risque d’être l’une des affaires majeures en Bretagne, à l’horizon 2027.

Bravo, mille fois bravo et c’est pour toutes ces raisons que nous sommes fiers et heureux d’accueillir à nouveau Guillaume et Daphnée pape au Festival de la Gastronomie de Quintin.

Le 4 février 2025. Texte olivier Chastel,  Photos Marine Petit

Manoir Le Quatre Saisons, Saint-Brieuc
Benjamin et Isabelle Agu, Jean-Etienne Plault

Pousser les portes du Manoir le Quatre Saisons, aller à la rencontre de Benjamin et Isabelle Agu, de Jean-Etienne Plaut et leurs équipes, procure toujours le même sentiment pour les épicuriens que nous sommes. 

Ce palais des plaisirs gustatifs satisfait ses clients jours après jours : régularité exemplaire, rapport qualité/prix inégalable, gourmandise extrême…

Recommandé par le Guide Pudlo en 2024, Gault & Millau et Petit Futé, Membre Maître Restaurateur et de l’Académie culinaire de France, ancré dans son territoire avec des participations au Festival de la Coquille Saint-Jacques du Légué, Bouffons de la Cuisine et Festival de la Gastronomie de Quintin et déplacement à Villard de Lans.. Autant de démonstrations d’une générosité sans pareil !

Et la clientèle ne s’y trompe pas, une clientèle d’affaire, de séminaires, de groupe de chefs d’entreprise mais aussi de fidèles et de passage l’été – qui viennent assidument remplir les trois salles du Manoir – Bluffant ! Quelle réussite ! 

Aux manettes, une très jolie équipe : côté salle, nous retrouvons Jean-Etienne. L’homme de nature discrète, un brin ironique, aime découvrir de nouveaux vins dont ce Crozes Hermitage 1600 Domaine Laurent Veyrat. 

Epaulé par Swan, en salle, la jeune femme tout sourire, apporte toute sa jeunesse à l’équipe, relookant les tenues de service classiques en contraste avec des baskets blanches, décorant les salles de ses compositions florales, fruit de son expérience passée. Class ! 

En cuisine, Thomas s’occupe des amuse-bouche et desserts, entoure l’apprenti quand il est au Restaurant, apprécie l’ambiance familiale du Manoir. 

Isabelle Agu est au garde-manger, tout en gardant un coup d’œil circulaire à l’ensemble du service, relançant s’il le faut, assurant la fluidité entre la cuisine et la salle. Le reste de son temps, elle le passe au bureau, gérant l’affaire de main de maître répondant au devis, réglant les affaires et diverses paperasses de notre chère administration... Bref, un rôle primordial dans le processus et certainement l’une des raisons de cette belle réussite ! Bravo ! 

Enfin, Benjamin, le copain Chef, bosseur acharné, doué d’un sens de la Cuisine pointu et sachant parfaitement et très justement ce qui va plaire à ses clients. Un sixième sens hors du commun ! Une vision…

A l’image de cette nouveauté, la souris d’agneau cuisson basse température de 15 heures et réduction vin rouge, ou le pied de cochon entièrement désossé puis reconstitué et pané. Et oui ! Toujours un très gros travail sur les sauces, véritable passion pour Benjamin dont celles prises au hasard ce jour, crème infusée au lard blanc ou cette réduction vin rouge et épices/Miel, mais aussi la sauce morille qui le suit depuis 25 ans.

La ligne de conduite de Benjamin se fonde sur le triptyque : produit/garniture/sauce. Et l’on comprend pourquoi lors de notre reportage, quand a sonné l’heure du coup de feu explosif de ce gros service, toutes les forces vives de cette équipe se sont mises en action pour nous livrer un ballet virevoltant et parfaitement réglé ! Ouverture de rideau – Feu ! 

L’ambiance studieuse et Speed se met en place. 

Isabelle, aux entrées, cuisine la vraie Cuisine, celle de la cuisson du saumon frais dernière minute. 

Les Bons sortent, et chacun à son poste, les positionnent pour être vu du coin de l’œil. 

Benjamin sort ses mises en place, fruit d’un travail précédent, portionne en fonction des demandes. 

En 1 seconde, le nombre de casseroles a triplé sur le piano. Les portes du frigo s’ouvrent et se ferment, le chef est extrêmement concentré, en mode Machine de Guerre, plus rien ne peut l’atteindre mis à part son objectif : sortir de belles assiettes et dans les temps pour sa clientèle pressée du midi ! 

Entre temps, il répond à la salle, pose une question, un vrai tourbillon. Du bel Art.

Les coups de sonnettes retentissent, signal pour la Salle que les plats peuvent être enlevés. Les autres attendent sagement sur le coin du piano pour tempérer ou tirer…

C’est ainsi qu’une fois de plus nous assistons à la cuisson du ris de veau que le tout Saint-Brieuc s’arrache. 

On vient de loin pour apprécier la cuisson parfaite de ce joli abat, parfaitement dorée et nourrie au beurre mousseux, caramélisée à souhait, croustillante, elle vaut à elle seule le détour. 

Et ce jour de reportage, nous avons succombé à cette lotte rôtie au beurre, mousseline de coco, panais rôtis et crème de lard. 

Des cuissons parfaitement maitrisées, un joli équilibre et surtout de la générosité et gourmandise. Ouff ! 

Mais aussi cet incroyable pied de cochon / condiment raifort / Mesclun vinaigrette. 

Le croustillant de la panure, le moelleux du cochon et le peps du condiment raifort font de ce plat un modèle de douceur percutant ! 

Quant à ce dessert d’une pomme pochée au cidre et appareil à financier / pistache / sorbet pomme cidre de M. Eric Ellien / sirop du pochage. 

Une si belle générosité qui termine cet épisode gastronomique de la plus belle des manières ! 

Mais quel tallent et surtout quel plaisir procure un dîner ou déjeuner au Manoir le Quatre saisons, de surplus accompagné d’un accueil remarquable. 

Nous n’avons pas fini d’entendre murmurer la belle histoire au Manoir le Quatre Saisons et c’est pourquoi, nous sommes fiers d’accueillir une nouvelle fois l’équipe au complet au Festival de la Gastronomie de Quintin

Bravo et merci ! 

Le 29 janvier 2025. Texte : Olivier Chastel. Photos : Michel Hesry

Restaurant Le Jardin Délice , Saint-cast-le-Guildo

Encadré par les Baies de l’Arguenon et de la Fresnaye, la Station Balnéaire de Saint-Cast-le-Guido offre aux touristes et autochtones, pointes, falaises, anses, plages de sable fin et port. Ce subtil délice de beauté et raffinement voit ses lettres de noblesse au Jardin également ou plus exactement au Jardin Délice, le formidable Restaurant de Julien Gourmelen et Adeline Moiroud. L’hospitalité de ce jeune couple de restaurateurs n’est pas un vain mot mais un véritable sacerdoce, ancré en leur fort intérieur !Jugez plutôt ! Restaurant entièrement dédié à notre reportage le jour de notre passage, clientèle choisie constituée de parents des collaborateurs, maquillage et passage chez le coiffeur pour Adeline ; bref, un dispositif unique, hyper professionnel et tellement respectueux de notre travail de reporter d’un soir qui nous a profondément touché.Adeline Moiroud se forme à l’Ecole hôtelière Vatel de Lyon en Post Bac et Licence de Management Hôtelier. Un premier stage dans l’événementiel au Sporting de Monte-Carlo, suivi d’une embauche de cinq années « les plus belles années de ma vie » avoue d’ailleurs Adeline. Gestion de gros mariages, lancement de Sephora avec M. Pokora, une expérience enrichissante ! Waouh !En 2015, Adeline est approchée par l’Intercontinental Genève comme « Event Manager ». Organisation de réunions OMS, ONU, rassemblement chefs d’États africains… L’un des cuisinier au Palace est un jeune homme répondant au prénom de Julien, tiens ! Tiens ! Début d’une rencontre, au départ tumultueuse, qui s’éclaircira au bénéfice d’une rage de dents où Julien jouera le rôle du Médecin de Campagne. Comme quoi, l’Amour ne tient qu’à un fil... ou à une dent !C’est le début d’un Grand Amour, passionné et fulgurant. Magnifique !Adeline suit ensuite Julien à Roanne, d’où Maël, leur garçon, verra le jour.Une idée persévérante ‘ancre dans l’esprit du jeune couple. Et s’il était venu le temps de l’installation, celui d’appartenir à sa propre Maison…Quelques allers retours entre Brest et Saint-Cast-Le-Guido, et un déjeuner décisif au Jardin Délice qui était à l’époque un restaurant « semi gastro ». Coup de foudre… On se projette… et 5 mois après, l’affaire est conclue !Retour aux origines donc pour Adeline !Julien est quant à lui de Brest même ! A 15 ans à peine, le garçon sait déjà qu’il veut faire de la Cuisine. Peu assidu, il n’est pas fait pour l’Ecole classique. En pension dans une Maison familiale, un professeur le remarque et l’incite à poursuivre. Stage à l’Arsenal de Brest, formation et obtention du CAP Cuisinier. La révélation du Métier s’opère au Kastel Roc’h de Plougastel-Daoulas. Mais c’est une rencontre avec Monsieur Jean-Claude Camus, chef du Restaurant La Vieille Renommée, Le Faou, qui était l’institution gastronomique de l’époque que Julien approfondit le métier. Ce chef, formé à l’ancienne, sévère et autoritaire, avare de compliments, paradoxalement très respecté car passeur de savoir : « J’y ai appris le lièvre à la Royale, les liaisons au sang, lever les cailles et les poissons ». Passage au Castel Clara de Christophe Hardouin, puis aux Roches fleuries à Megève. L’expérience de l’Etoile Michelin avec le Chef Vincent David. « Oh ! Que je vais suivre quand il décide de reprendre Le Pressoir à Vannes ».« En plus d’être mon Chef, mon ami, je deviens le parrain de leur fils ! La Cuisine n’est que partage… non ?» La boucle est bouclée quand Julien décide de rejoindre L’intercontinental de Genève où il rencontre Adeline. Entrons en Cuisine à l’approche d’un service organisé pour la circonstance du reportage doit-on le rappeler ! Julien est au chaud mais il a su s’entourer d’une solide équipe. Paul est le bras droit du Chef, en poste depuis 3 ans et donc avec le chef précédent. Doué d’une bonne mémoire, il évolue sur le poste Garde-Manger d’une belle manière. Mais aussi Corentin, dit « coco », aide de Cuisine et plongeur. L’ancien ripeur décide de changer de vie au décès de son papa, une remise en question salvatrice.Le Service est lancé, les Bons tombent, Julien sur le poste chaud est dans sa bulle, hyper concentré. Il s’affranchit d’une solide mise en place, fruit du travail des heures précédentes. Cuisine d’organisation pointue mais cuisson Minute, la Vraie Cuisine, celle du mijotage des sauces, du homard nourri au beurre, des terre/Mer osés ! La conception des plats est un travail de saison, de changement de carte, les décisions sont collégiales avec l’équipe et le sommelier. Un joli moment de partage autour d’une table ! Bravo M. Gourmelen !Voyez plutôt ces « plats canailles » que le chef affectionne tout particulièrement. Dès l’Amuse Apéritif, le ton est donné avec le feuilleté d’escargot / Dôme cresson / Ail noir mais aussi le petit sablé/Mousse de foie gras/Bille de vinaigre balsamique. Nous avons également aimé l’Amuse-bouche d’émietté de chair d’araignée/Curry breton et choux fleur/Vaporeux anisé/Mousse mandarine. C’est vivifiant, équilibré. Top !Quand le poireau est revisité avec le souvenir de celui de sa grand-mère, ça donne une entrée tellement gourmande : cannelloni de poireau au haddock/œufs de harengs fumé/Vinaigrette moutarde à l’ancienne. Ça décoiffe !Une bien élégante déclinaison du foie gras : un Terre/Mer réussi ! Foie gras cube/Gelée aux agrumes/Galette de sarrasin/Poutargue et confiture d’oignons rouges au vinaigre de cidre. Un autre plat coquin illustre parfaitement l’état d’esprit créatif de Julien. Choux lacto fermenté puissant/Homard au beurre/St Jacques rôtie/Lotte rôtie et réduction cidre et oursin montée au beurre. Cuisson au Top. Un assemblage gonflé et réussi. Les desserts ne sont pas oubliés, nous avons retenu : La goutte Chocolat craquant et cucurbitacées.Tranche de butternut confite au cidre/Crème de marron/Purée de butternut/Dés marron butternut/Biscuit sucré. Le tout comme une jolie larme de bonheur ! Soufflés, nous l’avons été par ce dernier dessert où une jolie mousse au chocolat est travaillée soufflée /Glace au caramel au beurre salé/Sablé breton. De plus avec le cérémonial du travail en salle d’Adeline, main dans le dos, versant le Baileys en finition. Méga gourmand ! et grande class ! Adeline est la passeuse d’histoire des récits de Cuisine de Julien, véritable femme d’orchestre de la Salle, elle maitrise l’art du Service Haut de gamme et décontracté.Un subtil équilibre entre gastronomie et accueil une peu « comme à la Maison ». C’est d’ailleurs ce qu’apprécie la clientèle locale, fidèle, saisonnière, d’affaire ou du « Gueuleton » du dimanche. Adeline peut s’appuyer sur Alan, le talentueux sommelier, au parcours de caviste. Le jeune homme connait bien la Cuisine du Chef un peu osé, ce qui lui permet par anticipation de créer des accords audacieux. C’est pour toutes ces raisons que Julien et Adeline avec leur table montante, Jardin Délice, ont accumulés en un an le parrainage de Vincent David de Tables et Saveurs de Bretagne, l’entrée dans le Guide Michelin et le Gault & Millau ainsi que le Guide 109. Bravo donc à ce couple de restaurateurs si attachant et talentueux. Voilà pourquoi nous sommes très fiers d’accueillir pour la première fois Adeline et Julien au festival de la Gastronomie de Quintin les 14 et 15 juin prochains.
Le 28 janvier 2025. Texte : Olivier Chastel . Photos : Agence Captivate#Chefs #artisans #châteaudequintin #producteurslocaux #restaurateurs #gaultetmillau #michelinguide #festival #cotesdarmortourisme #regionbretagne #bzh #gastronomie #cotesdarmor #chefs #baiedesaintbrieuc #quintin #tourismebretagne #SBAA #gourmandise #miam

Yoann Quinquenel, Pâtisserie, Lamballe @YQ Pâtisserie

Il était une fois une petite boutique toute de noir vêtue, trônant fièrement rue du Val en Lamballe. 

Nous l’avions laissé avec, aux manettes, Sébastien Lenglet, nous la retrouvons avec son successeur, le très talentueux Yoann Quinquenel ! 

L’élégante vitrine noire arborant fièrement les initiales du nouveau créateur, accueille la très nombreuse clientèle et présente la Collection élégante des 11 variétés de petits gâteaux créatifs et esthétiques

Ils sont alignés par 6 comme des petits soldats tous aussi jolis les uns que les autres et constitue le fruit du travail de ce jeune homme bourré de talent. 

Mais voyez plutôt.

Sa passion pour la pâtisserie, Yoann la cultive en regardant sa « Maman adorée » réaliser les gâteaux du Dimanche, dévoré de gourmandise en « léchant le fond de la gamelle ». 

Influencé par des émissions télévisées telles le « Meilleur Pâtissier », Yoann décroche de sa 3e classique pour rentrer au Lycée hôtelier La Closerie à Saint-Quay-Portrieux. Bac Pro Boulangerie, pâtisserie et CAP Pâtissier en poche en 2020. 

Yoann convainc Johann Dubois Chocolatier de le prendre en apprentissage et obtient un CAP puis un BTM Chocolatier, Ouah !! 

Avide de travail, ambitieux et bosseur acharné, le jeune homme en parallèle et sous couvert d’auto entrepreneur, propose ses gâteaux aux amis, puis amis d’amis, petit à petit le réseau se développe, es premières factures tombent et l’envie d’ouvrir sa propre entreprise devient une évidence. 

Par connaissance, Yoann apprend que la Pâtisserie Légèrement Sucré de Lamballe est à vendre. 

Rencontre, présentation du projet, proposition et trois mois plus tard, l’affaire est conclue. 

Quelle détermination et rapidité ! Bluffant !!

Et c’est parti pour une ouverture discrète, le 6 décembre 2024, qui s’est vite transformé en marathon de Noël, sans beaucoup de sommeil et un engouement incroyable qui a surpris l’intéressé lui-même ! 

Une charge de travail qu’il découvre, car il ne suffit pas de produire. Il faut également répondre aux clients, gérer les factures, passer les commandes, honorer ses rendez-vous, vendre…

Un tourbillon qu’il encaisse sans sourciller avec beaucoup d’humilité, la marque d’un futur grand du haut de sa jeunesse !!

Seul le dimanche après-midi lui permet de souffler un peu, consacrant ce temps à sa famille et à la course à pied dès que possible.

Néanmoins Yoann sait dorénavant que cette liberté d’être son propre patron est plus important que tout, elle n’a pas de prix et imagine déjà dans un scénario idéal de conserver sa petite Boutique de la Rue du Val, en délocalisant le loba trop exigu, permettant ainsi de développer la chocolaterie et l’embauche d’une vendeuse et une personne en production.

Quelle ambition !

Le jour du reportage, nous avons été bluffés par le petit gâteau exotique. Croustillant citron vert, sans gluten / biscuit moelleux / crémeux passion/compotée de mangue/crème légère infusée vanille citron vert.

C’est beau, franc de goût, peu sucré et terriblement gourmand ! 

Le BZH, croustillant sablé breton/Biscuit moelleux vanille, caramel Beurre salé/Crème légère Vanille. Feuille de Cress en finition. 

La Bretagne à pleines dents ! 

Et enfin ce formidable gâteau nommé Expresso. Gâteau sans Gluten/Biscuit moelleux sans gluten/Crumble sans gluten/crémeux café/Crème légère café et Vanille. 

Au-delà des projets qui se bousculent dans la tête du jeune créateur, développer le site Internet, l’événementiel et le Traiteur, il faut bien avouer que nous avons été scotché par la maîtrise, sureté et détermination de Yoann. 

Si vous ajoutez à ça la gourmandise qui procure la dégustation de ces petits gâteaux, vous comprenez pourquoi nous sommes fiers d’accueillir Yoann Quinquenel pour la première fois au Festival de la Gastronomie de Quintin.

A Lamballe, le 21/01/25. Texte : Olivier Chastel / Photos : Michel Hesry

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